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ZEP


ZONES D'EDUCATION PRIORITAIRE (ZEP)

ET

RESEAUX D'EDUCATION PRIORITAIRE (REP)

 

 

Crées en 1981, les Zones d'Education Prioritaire (ZEP) relèvent d'une démarche originale et novatrice. Situées dans des "zones où les conditions sociales constituent un facteur de risque pour la réussite scolaire", les ZEP organisent le regroupement de plusieurs établissements scolaires (écoles, collèges et plus rarement lycées). Dans ces établissements, des équipes pédagogiques mettent en place un projet de zone cohérent et disposent, pour le réaliser, de moyens spécifiques. Le tout devant s'intégrer aux autres politiques menées en direction des quartiers en difficulté.

 

Traditionnellement, l'Education nationale procédait, au nom de l'égalité, à une répartition uniforme des moyens entre tous les établissements d'enseignement. La mise en place des ZEP a reconnu que les conditions sociales du quartier pèsent sur les résultats scolaires de l'ensemble des enfants et donc que l'égalité doit consister, au contraire, à adapter les moyens aux besoins afin que tous les élèves puissent atteindre les même objectifs.

 

La politique ZEP a fait l'objet d'un grand nombre de relances qui insistent sur différents objectif, tels que : en 1990, améliorer significativement les résultats; en 1997, insister sur les objectifs pédagogiques; en 1999, sont mis en place les REP... Autre innovation: en règle générale, les politiques sociales sont décidées centralement avec une démarche hiérarchique descendante. Dans les ZEP, au contraire, c'est l'existence d'une équipe de terrain, porteuse du projet, qui est la condition nécessaire pour qu'elles existent; les moyens n'étant qu'une conséquence.

 

4Quand est-ce qu'une école fait l'objet d'un traitement ZEP ?

                   

Le passage en Zone d'Education Prioritaire est le résultat d'une enquête menée dans l'académie sur la situation socio-économique des parents d'élèves.

        

Les indicateurs retenues étaient :

1.       les C.S.P. défavorisées.

2.     Les proportions d'élèves appartenant à des familles étrangères.

3.     Le nombre de familles de plus de quatre enfants.

4.     Le pourcentage d'élèves en difficulté aux évaluations nationales.

En résumé, ce sont les familles qui ne peuvent pas suivre la scolarité de leurs enfants et donc ne peuvent pas assumer pleinement tout leur rôle d'éducateur.

 

L'exemple de Bogny-sur-Meuse

 

 

         Le 15 décembre 1998, Monsieur le Recteur de l'académie de Reims annonce que le secteur de collège passe en Réseau d'Education Prioritaire. Un projet est élaboré pour le 20 janvier 1999. Il présente les constats chiffrés, les objectifs, l'état des lieux et les besoins.

 

         Le 1er janvier 1999, le secteur de Bogny-sur-Meuse devient réseau d'Education Prioritaire, avec un traitement ZEP, sauf pour trois écoles sur les onze du secteur.

        

Le 2 février 1999, Madame Dubacq, principale du collège, est nommée responsable de la ZEP par Monsieur l'Inspecteur d'académie.

         Le 1er mars 1999, monsieur l'Inspecteur d'académie valide le projet.

 

 

4Quels sont les principaux types d'action et projets ?

 

Au-delà de leur diversité apparente, les actions et les projets mis en oeuvre dans le cadre de la politique ZEP peuvent pour une très large part être regroupés sous quelques grandes catégories seulement. Actions visant à renforcer et favoriser les apprentissages, portant essentiellement sur la lecture-écriture et la maîtrise de la langue : projets artistiques, culturels ou interculturels (dont la distinction avec les actions de lecture est parfois délicate); dispositifs de "soutien scolaire", d'aide aux devoirs et au travail personnel, dans ou hors l'institution scolaire; actions visant à une meilleure "scolarisation" des élèves, à l'amélioration du "climat" des écoles et des établissements, à la prévention de la violence ou de l'absentéisme; actions visant à une amélioration des rapports entre les familles et l'école.

        

Le but de ces actions est également que les adolescents se construisent un rapport à la loi requis par l'institution scolaire. L'établissement scolaire doit devenir un lieu de vie, d'expression et de socialisation pour eux.

 

          Pour concrétiser l'ensemble des projets, la réalisation d'un contrat de réussite a été nécessaire.
Apparu en 99, il est le résultat d'une négociation entre les équipes qui établissent les projets et les autorités académiques. Ils se donnent pour but la structuration de ces projets. Leur mise en application est évaluée régulièrement en mettant leurs objectifs en relation avec les actions, les dispositifs, et les moyens mis en place.

 

 

4Quelle cible a été atteinte ?

                  

                  Les élèves qui fréquentent les établissements ZEP sont :

q       En grande proportion, les  élèves d'origine populaire.

q       Des élèves en retard scolaire par rapport à l'âge théorique, des élèves en difficulté.

q       Des élèves étrangers et d'origine étrangère.

 

 

4Qu'est ce qui a engendré le choix de la population visée ?

 

La composition sociale du recrutement des écoles et l'établissement ZEP semble avoir évolué défavorablement depuis le début des années 1980 : Les élèves issues de familles d'inactifs (chômeurs, retraités ou invalides) y sont proportionnellement plus nombreux, de même que les élèves étrangers ou d'origine étrangère. Ces évolutions sont bien sûr à rapporter à une dégradation de la situation sociale et économique dans les quartiers urbains concernés ; mais aussi à la hausse des « stratégies d'évitement » mises en œuvre par les familles les moins démunies pour que leurs enfants  ne soient pas scolarisés dans des écoles et des établissements dont le label  ZEP leur apparaît stigmatisant ; stratégies facilitées, particulièrement dans les collèges, par des politiques scolaires favorisant le libre choix par les familles.

 

 

4Les résultats escomptés ont-ils été atteints ?

 

         En ce qui concerne  les résultats scolaires, les améliorations d'ensemble s'observent. Loin de réduire les écarts, la politique ZEP aurait néanmoins contribué à faire que ne s'accroissent pas, alors que tout semble indiquer que la situation sociale et économique dans les quartiers concernés se soit, elle, sensiblement dégradée.

 

Plus concrètement, les résultats des évaluations nationales montrent que le score moyen des élèves de ZEP est inférieur de 8 à 10 points à celui des élèves hors ZEP .

 

La politique ZEP n'a pas réussi à « créer une situation où, en moyenne, les élèves scolarisés dans ces zones réussiraient mieux que leurs caractéristiques ne le laissent espérer. (...) En réalité, ils réussissent même un peu moins bien qu'ils ne réussiraient ailleurs ».

 

          

Pour autant, ne peut-on pas faire l'hypothèse que les raisons d'un bilan aussi décevant sont à chercher, au moins pour une part, dans le type même d'actions et de projets, que dans les représentations des « acteurs » de la politique ZEP ?

 

 

 

4Quelle est l'efficacité de cette pédagogie de projet ?

 

Si les relations issues des projets culturels sont un moyen de donner une image valorisée de l'école, il n'est guère possible de savoir à quels types d'apprentissage elles ont donné lieu pour les élèves.

De plus, on sait que certains élèves peuvent se montrer actifs et pertinents lorsqu'il s'agit de « faire » en situation » mais être rapidement décrochés lorsqu'il s'agit de passer a la conceptualisation de l'action et que ce

Décrochage est plus fréquent pour les enfants de milieux populaires que pour les autres.

 

 

 

4Est-ce que la socialisation ne prend pas le dessus sur les apprentissages ?

 

Le fait d'accorder une place importante a la socialisation tend à créer une Ecole à deux vitesses. D'un côté, on aurait une Ecole, où la socialisation serait déjà intégrée et où la Culture et les apprentissages participeraient au développement personnel des enfants d'origine favorisée ; de l'autre on viserait à socialiser et à « consoler les pauvres » plus qu'à leur fournir les instruments intellectuels de leur émancipation.

 

                  

 

4Est-ce que cette difficulté de fonctionnement n'est pas la conséquence d'un manque de moyens de la part des politiques éducatives ?

 

Le manque de moyens humains est évident pour pouvoir mettre en place de véritables politiques de ZEP. En effet, les efforts pédagogiques sont là, mais l'accompagnement n'existe pas suffisamment, et les enseignants, qui sont extrêmement sensibles à la problématique de la réussite scolaire, se sentent désarmés. Ces acteurs de terrain ont trop souvent le sentiment d'être envoyés seuls « au front ».

 

Malgré une part financière assez importante consacrée à l'éducation prioritaire

(10 % de plus que les autres écoles), le réponse en terme de moyens financiers ne constitue pas la seule solution pour pallier les difficultés des ZEP. Il serait bon de s'interroger sur leur utilisation effective sur le terrain. Cela paraît d'autant plus important que les ZEP constituent un véritable baromètre de système éducatif tout entier.

 

 

Cependant, n'est-il pas naïf de penser que la seule action de l'institution scolaire puisse suffire à aller dans le sens de la démocratisation dans une société où les inégalités sociales ne cessent de se creuser ?

 

 

        

 

 

        

 

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