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L’évaluation des productions écrites

L’évaluation des productions écrites

 

I/ Evaluer quoi ? Pourquoi ? Comment ?

 

è Savoir d’où vient le texte que l’on évalue : la situation de production

 

Il est important de connaître :

  • le niveau présumé de l’auteur : âge, classe…
  • les savoirs travaillés ou non.
  • la situation d’écriture : consigne, destinataire, travail en projet ou non, individuel ou non, démarche, 1er jet…

 

èSavoir pourquoi on évalue

 

*  repérer le niveau atteint par rapport au niveau exigible :évaluation sommative : aboutit à mettre une note.

*  réguler les apprentissages :évaluation formative  = analyser les fonctionnements maîtrisés et les dysfonctionnement pour mieux progresser.

 

èSavoir ce qu’on évalue

 

Cela pose le problème des critères : on peut tout évaluer sur le texte : orthographe, vocabulaire, contenu, présentation… Il faut faire un CHOIX !

 

èSavoir comment évaluer

 

Si certains outils constituent une aide, il faut les adapter et ne pas les substituer à l’évaluateur.

 

II/ Les fonctions de l’évaluation : le sommatif et le formatif

 

On distingue 3 sortes d’évaluation :

 

}évaluation DIAGNOSTIQUE : point sur les compétences acquises ou non avant d’engager le processus d’enseignement.

 

}évaluation FORMATIVE : en cours d’apprentissage : régulation du processus.

 

}évaluation SOMMATIVE : en fin de parcours : bilan des compétences acquises.

 

 

L’évaluation sommative

 

Elle peut revêtir un aspect institutionnel (ex : attribution d’un diplôme) : elle relève de la seule compétence de l’enseignant. Les modalités peuvent être diverses. Elle revêt un aspect quantitatif et globalisant : indiquer par une note la valeur de l’élève.

 

L’évaluation formative

 

Sa fonction est de réguler les enseignements et apprentissages. Les critères sont explicites. L’usage est interne. Son mode est qualitatif.

 

2 pratiques :

 

le maître seul, organise les enseignements : c’est une conception transmissive de la pédagogie.

 

les élèves sont associés au processus d’apprentissage à toutes ses étapes : pédagogie de type appropriatif : travail en projet.

 

 

 

STRATEGIE TRANSMISSIVE

STRATEGIE APPROPRIATIVE

Modèle d’apprentissage de référence

centré sur la représentation de modèles adultes.

stratégie relativement constante.

centré sur la résolution de problème d’écriture.

stratégies diversifiées.

Médiation entre savoirs et apprenant

circuit transmissif court : maître médiateur entre deux état de connaissance.

circuit appropriatif long : médiation du groupe, confrontation aux autres, aux données du réel, de l’inter texte.

Consignes et outils de travail

consignes pour faire reproduire, pour appliquer des règles.

outils en petit nombre, fixe, établis ou choisis par le maître.

consigne pour faire produire, pour faire évoluer des savoirs.

outils diversifiés, évolutifs, élaborés avec les élèves.

 

 

 

III/ Les critères d’évaluation :

 

Critères et indices observables

 

Les critères appartiennent à un autre ordre que les éléments concrets.

Rapport entre faits observables (indices) et critères : pour passer de l’un à l’autre il faut opérer un raisonnement. Ex : critère : maîtrise de la ponctuation ¨ indices : nombre de virgules et de points, place, majuscules…

La notion de critère suppose donc :

 

-        la construction de catégories abstraites(syntaxe, énonciation),

-        un raisonnement permettant la mise en relation d’indices et de critères.

 

Critères et règles de fonctionnement

 

On parle de règles de fonctionnement à propos d’un type d’écrit :

 

ex : recette de cuisine è

 

-        doit permettre au lecteur de réaliser une préparation culinaire,

-        contient la liste précise des ingrédients,

-        indications précises relatives aux actions à enchaîner.

 

Ces règles mettent à plat les caractéristiques du type d’écrit. Elles sont destinées à décrire un modèle textuel.

 

Recette écrite par un élève è critères :

 

-        efficacité : la recette a-t-elle permis la réalisation ?

-        précision : la liste des ingrédients et le détail des actions à enchaîner sont-elles précises ?

-         clarté : l’ordre des actions est-il clairement indiqué ? (numéro, retour à la ligne…).

-         maîtrise des modes et temps verbaux.

-         lisibilité.

 

Quels critères pour analyser un écrit d’élève ?

 

 

 

 

Le TABLEAU EVA : outil qui sert de référence depuis plusieurs années.

L’entrée dans le tableau doit se faire en haut à gauche.

 

 

Texte dans son ensemble

Relations entre phrases

Phrases

Pragmatique

j -L’auteur tient-il compte de la situation (qui parle ou est censé parler ? A qui ? Pour quoi faire ?) ?

           -A t-il choisi un type d’écrit adapté (lettre, fiche technique, conte…) ?

           -L’écrit produit-il l’effet recherché (informer, faire rire, convaincre…) ?

m   -La fonction de guidage du lecteur est-elle assurée ? (utilisation d’organiseurs textuelle : d’une part… d’autre part ; d’abord, ensuite, enfin…)

            -La cohérence thématique est-elle satisfaisante ? (progression de l’information, absence d’ambiguïté dans les enchaînements…)

p  -La construction des phrases est-elle variée, adaptée au type d’écrit ? (diversité dans le choix des informations mises en tête de phrase…)

           -Les marques de l’énonciation sont-elles interprétables, adaptées ? (système du récit ou du discours, utilisation des démonstratifs…)

Sémantique

k  -L’information est-elle pertinente et cohérente ?

           -Le choix du type de texte est-il approprié ?

(narratif, explicatif, descriptif…)

           -Le vocabulaire dans son ensemble et le registre de langue sont-ils homogène et adaptés à l’écrit produit ?

n -La cohérence sémantique est-elle assurée ? (absence de contradictions d’une phrase à l’autre, substituts nominaux appropriés, explicites…)

            -L’articulation entre les phrases ou les propositions est-elle marquée efficacement (choix des connecteurs : mais, si, donc, or…)

q -Le lexique est-il adéquat ? (absence d’imprécisions ou de confusions portant sur les mots)

        -Les phrases sont-elles sémantiquement acceptables ? (absence de contradictions, d’incohérences…)

Morphosyntaxique

l   -Le mode d’organisation correspond-il au(x) type(s) de texte(s) choisi(s) ?

          -Compte tenu du type d’écrit et du type de texte, le système de temps est-il pertinent ? homogène ? (par exemple imparfait/passé simple pour un récit…)

          -Les valeurs des temps verbaux sont-elles maîtrisées ?

o -La cohérence syntaxique est-elle assurée ? (utilisation des articles définis, des pronoms de reprise…)

            -La cohérence temporelle est-elle assurée ?

            -La concordance des temps et des modes est-elle respectée ?

r -La syntaxe de la phrase est-elle grammaticalement acceptable ?

         -La morphologie verbale est-elle maîtrisée ? (absence d’erreurs de conjugaison)

         -L’orthographe répond-elle aux normes ?

 

Aspects matériels

10 -Le support est-il bien choisi ? (cahier, fiche, panneau mural…)

        -La typographie est-elle adaptée ? (style et taille des caractères…)

        -L’organisation de la page est-elle satisfaisante ? (éventuellement présence de schémas, d’illustrations…)

11   -La segmentation des unités de discours est-elle pertinente ? (organisation en paragraphes, disposition typographique avec décalage, sous-titres…)

           -La ponctuation délimitant les unités de discours est-elle maîtrisée ? (points, ponctuation du dialogue…)

12  -La ponctuation de la phrase est-elle maîtrisée ?  (virgules, parenthèses…)

        -Les majuscules sont-elles utilisées conformément à l’usage ? (en début de phrase, pour les noms propres…).

Commentaire du tableau EVA

 

Les unités prises en compte :

 

- texte dans son ensemble,

- relations entre phrases,

- phrases.

 

Les trois points de vue retenus :

 

- morphosyntaxique èrelation des signes entre eux : c’est l’entrée privilégiée de la grammaire traditionnelle. Habituellement appliqué à la phrase, ce point de vue peut s’étendre au texte dans son ensemble et aux relations entre phrases. C’est l’organisation et la relation des éléments entre eux.

 

- sémantique èfaçon dont les signes désignent : relation entre les signes et leur référents. Elément majeur de la construction du sens.

 

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