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Les prépositions

PRÉPOSITIONS ET CONJONCTIONS DE SUBORDINATION

QUELQUES INDICATIONS THEORIQUES

 

 

·        Une préposition est un morphème (invariable) qui permet de créer, avec le syntagme qu'elle régit, l'expansion par subordination d'un nom ou d'un adjectif (ou le complément d'un verbe, d'une phrase).

 

 

Morphologie

 

On peut retenir une trentaine de prépositions d'usage courant : à, après, avant, avec, chez, comme, contre, dans, de, depuis, derrière, dès, devant, durant, en, entre, envers, malgré, outre, par, parmi, pendant, pour, sans, sauf, selon, sous, sur, vers.

Il est des prépositions d'usage plus restreint : hors(hors la grammaire tout est facile) fors (tout est perdu fors l'honneur), ès (docteur ès-lettres), lès (Villeneuve-lès-Avignon), proche (nous avons campé proche la gare).

Certaines prépositions dérivent de participes : attendu, excepté, hormis, moyennant, nonobstant, suivant, touchant, vu.

Enfin, il existe un grand nombre de locutions prépositionnelles : à cause de, afin de, à force de, auprès de, autour de, au-dessus de, d'après, en dehors de, étant donné, grâce  à, par rapport à, pour ce qui est de, quant à, etc.

Du et des, amalgames de de + le et de de + les, sont appelés articles contractés. ­

 

 

Syntaxe

 

Le segment régi par la préposition peut être:

- un SN :

                     Ceci est un exemple de grammaire.

- un pronom (ou un SPron) :

La tête de celui-làne me revient pas.

- un adjectif (ou un Adj) :

                     La fille en bleu est arrivée ce matin.

- un infinitif (ou un SInf) :

                     Les feuilles pour dessiner sont là-bas.

- un adverbe (ou un SAdv):

        Le départ pour demain est retardé.

 

Le syntagme prépositionnel peut dépendre :

- d’un SN :

Un exemple de grammaire

- d’un verbe

Monterà cheval

- d’un SAdj

Bêteà pleurer

- d’un SAdv :

Loin des yeux…

Sémantique

 

Les prépositions expriment les notions de temps, de lieu, de manière, de but, de cause, etc. Mais  souvent, le sens de la relation établie par la préposition dépend des constituants mis en relation :­

Le champ après le garage est à vendre. (lieu)

                    La semaine après la rentrée est pénible. (temps)

On considère souvent que les prépositions à et de sont « vides », c'est-à-dire ne possèdent pas de contenu sémantique. Remarquons toutefois que  « être à Paris » n'implique pas qu'on soit « de Paris », et réciproquement ;

« parler à quelqu'un » n'est pas la même chose que « parler de quelqu'un », etc. Il n'existe pas de préposition vide. Ni de mot vide.

 

 

 

·        Une conjonction de subordination est un morphème (invariable) qui permet de subordonner une unité phrastique à une phrase matrice (que la grammaire scolaire appelle proposition principale).

Remarque : Certains linguistes disent qu’il s’agit de l’enchâssement d’une phrase dans une autre (appelée phrase matrice).

 

L’ensemble conjonction de subordination + unité phrastique enchâssée est appelé « proposition subordonnée)

 

º                La préposition et la conjonction de subordination réalisent le même type d’opération syntaxique, mais la première subordonne un segment de type nominal, la seconde, de type phrastique.

 

 

Morphologie

 

La conjonctionque est la conjonction de base qui permet de former les locutions conjonctives avec des prépositions (après que, avant que, dès que, malgré que, pendant que, pour que, sans que, etc.) ; des adverbes (ainsi que, alors que, aussitôt que, bien que, maintenant que, etc.) ; des SP (à condition que, à mesure que, à moins que, au lieu que, d'autant que, d'autant plus que, etc.) ; des locutions verbales (étant donné que, si ce n'est que, si tant est que, etc.).

Les conjonctions simples autres que quesont : comme, lorsque, puisque, quand, quoique, si (mais on constate là des cas de fusion orthographique: lorsque, puisque, quoique. Il conviendrait de considérer ces dernières comme des locutions).

 

 

Syntaxe

 

La conjonction de subordination joue le même rôle que la préposition : subordonner un second élément au premier. Simplement la préposition subordonne un syntagme nominal, pronominal, adjectival ou infinitif. (renvoyant au domaine spatial), alors que la conjonction de subordination subordonne une phrase (qui relève du domaine temporel par la nature verbale du prédicat) :

Ils se sacrifient + pour + le bonheurde leur enfant

                 l!s se sacrifient + pour + que + leur enfant soit heureux

 

La différence terminologique (préposition / conjonction de subordination) masque de façon regrettable cette similitude de statut syntaxique, ce qu'aggrave la parenté terminologique conjonction de subordination / conjonction de coordination, alors que ces deux catégories n'ont rien à voir entre elles.

 

Sémantique

 

La conjonction que est un simple subordonnant, sans contenu sémantique. Les autres conjonctions de subordination et les locutions conjonctives expriment principale­ment le temps (quand, lorsque, tandis que, etc.), la cause (parce que, puisque, d'autant que, etc.), le but (pour que, afin que, de peur que, etc.), la condition (si, à moins que, à condition que, etc.), la conséquence(de sorte que, si bien que, tellement que, etc.), la concessionou l'opposition (bien que, quoique, malgré que, etc.), la comparaison(comme, de même que, autant que, etc.). Toutefois une même conjonction peut posséder des valeurs sémantiques différentes :

Quand tu te fâcherais, ça ne changerait rien.

                        (= même si tu te fâchais)

Pourquoi te plains-tu, si tu as la santé?

  (= puisque tu as la santé)

Comme il ouvrait la porte, la maison explosa.

  (= à l'instant où il ouvrait la porte)

 

 

Exercice

Les prépositions et les conjonctions de subordination

 

Pendant des décennies, la grammaire a été l'outil de la « maîtrise de la langue », finalité majeure de l'enseignement de français. Maîtresse de l’orthographe, de l'explication de texte, du style et de la belle expression, la grammaire a occupé une place prestigieuse. Dans le diptyque Langue/ Littérature, elle était censée apporter une connaissance technique, savante, de la langue, tandis que la littérature fournissait le corpus linguistique et les exempIes d'emploi. Dans ce partage des rôles, l'expression « maîtrise de la langue » doit être prise au sens instrumental : alors même que les patois ou les langues régionales avaient pratiquement disparu avant les années 50, on enseignait encore le Français Langue Maternelle, parlé par tous, comme on pensait à l'époque qu'il fallait enseigner le FLE : au moyen d'une grammaire, d’un dictionnaire et de textes littéraires. À la grammaire, la connaissancede la langue, à l'imprégnation/imitation en lecture écriture, la tâche de maîtrise des discours et de formation des compétences langagières.

            Quand le souci des performances langagières est devenu prédominant, quand  il s'est agi de passer de la mention de phrases bien formées pour les analyser, à l'emploi effectif de la langue, la grammaire a perdu de sa pertinence.

         

Jean-François HALTÉ, « La grammaire au cœur des apprentissages ? »,

 in C. Vargas, Dr, Langue et études de la langue, PUP, 2004, p 13

 

Relevez et classez les prépositions et les conjonctions de subordination.


ÉLÉMENTS DE CORRIGÉ

 

 

 

Pour traiter cette question, nous avons retenu les prépositions, les conjonctions de subordination et les locutions conjonctives. Mais nous avons retenu également les « articles contractés » : un segment introduit par un article contracté est considéré comme un segment (un groupe) prépositionnel.

Nous avons marqué d’un astérisque les points appelant une remarque spéciale.

 

 

Prépositions

Articles contractés

Conjonctions de subordination

Locutions conjonctives

pendant (des décennies)

avant (les années 50)

dans (le diptyque, ce partage)

pour (les analyser)

par (tous)

en (lecture)

de (x 16)*

d’(emploi,une grammaire, un dictionnaire)

à (l’époque, la grammaire, l’imprégnation, l’emploi)

 

du (style)

des (rôles, discours,

 compétences, performances)*

au (sens, moyen)

Comme (on penait)

qu’il (fallait)

quand (le souci, il s’est agi)

tandis que (la littérature)

alors […] que (les patois)

 

de* : nous n’avons pas retenu comme préposition « a perdu de sa pertinence »,de sa étant ici un déterminant partitif (= a perdu une partie de sa pertinence, a perdu sa pertinence)

 

des* : nous n’avons pas retenu « Pendant des décennies », des étant ici un article indéfini (Pendant une décennie, Pendant plusieurs décennies)

 

Commentaire

 

Les prépositions pendantet avant ont une valeur temporelle ; dans une valeur spatiale mal affirmée ; pour marque le but ; en, de et àn’ont pas de valeur sémantique bien définie.

Pourrégit un groupe infinitif ; toutes les autres prépositions régissent des groupes nominaux, de même que les articles contractés.

 

La conjonction comme(que certains, comme Grevisse, appellent dans cet emploi « adverbe conjonctif ») marque la manière ; qu’est la forme élidée de la conjonction de base que, subordonnant sans valeur sémantique particulière.

Quandprésente une valeur temporelle

Tandis que etalors (même) que présentent à la fois une valeur temporelle et une valeur d’opposition.

 

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