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Les progressions thématiques

Les progressions thématiques

 

 

Informations théoriques

 

On distingue trois types de progressions : la progression à thème constant, a progression à thème linéaire et la progression à thèmes dérivés (certains disent à thème éclaté, mais nous ne retiendrons pas cette appellation).

 

£    La progression à thème constant

 

C'est celle que l'on trouve par exemple dans le texte suivant :

 

Frédéric pensait à la chambre qu'il occuperait là-bas, au plan d'un drame, à des sujets de tableaux, à des passions futures. Il trouvait que le bonheur mérité par l'excellence de son âme tardait à venir. Ilse déclama des vers mélancoliques; il marchait sur le pont à pas rapides; il s'avança jusqu'au bout, du côté de la cloche [...]

GUSTAVE FLAUBERT, l'Education sentimentale, Ire partie, 1.

 

On constate que dans cet extrait, tous les verbes ont pour sujet grammatical Frédéric ou son représentant il. De bout en bout Frédéric constitue les thèmes des phrases ; ce qu'il fait, ce qu'il pense en constituent les rhèmes. Frédéric est donc constamment en position de thème dans ce texte: on dira que l'on a ici une progression à thème constant. L'homogénéité textuelle, est, de ce point de vue, très forte.

 

£    La progression à thème linéaire

 

Considérons le texte suivant, dans lequel nous avons présenté en italiques des composants du rhème et présenté en gras les thèmes :

 

Ce détail et beaucoup d'autres furent convenus entre le docteur et Mlle Beaulieu. Cette bonne fillequitta Nancy à cinq heures, laissant ses fonctions à Anne-Marie.

Or, depuis longtemps, Anne-Marie, que Mme de Chasteller ne gardait que par bonté et qu'elle avait été sur le point de renvoyer une ou deux fois, était entièrement dévouée à Mlle Bérard, et son espion contre Beaulieu.

STENDHAL, Lucien Leuwen, chap. XXXVI.

 

On constate qu'un élément du rhème de la première phrase «< Mlle Beaulieu ») devient le thème de la deuxième phrase, sous la forme de« cette bonne fille ». Dans le rhème de cette deuxième phrase, on trouve « Anne-Marie» qui, sous une forme identique, devient le thème de la troisième. La progression se réalise ainsi:

 

PI àTh 1 + Rh 1

    â

 P2àTh2 + Rh2

                          â

               P3àTh3 + Rh3

L'élément nouveau d'une phrase étant découvert, il sert d'élément connu pour la phrase suivante. Ainsi le texte progresse par la transformation du nouveau en connu, de l'apport en support. C'est ce que l'on appelle une progression à thème linéaire, particulièrement bienvenue dans le texte proposé pour traduire un enchaînement d'actions assuré par un relais de personnages.

 

 

£     La progression à thèmes dérivés

 

Cinq ou six personnes, debout, emplissaient l'appartement étroit, qu'éclairait une seule fenêtre donnant sur la cour ; un canapé en damas de laine brune occupait au fond l'intérieur d'une alcôve, entre deux portières d'étoffe semblable. Sur la cheminée couverte de paperas­ses, il y avait une Vénus en bronze ; deux candélabres garnis de bougies roses, la flanquaient parallèlement.

GUSTAVE FLAUBERT, l'Education sentimentale, 1èrepartie, III.

 

Cette fois on ne retrouve aucune permanence thématique. Chaque phrase possède un thème singulier. Pourtant on n'a pas l'impression d'avoir affaire à un texte décousu, à une sorte de patchwork sans cohérence. C'est donc qu'il existe ce que nous appellerons en première approche, un « principe organisateur» de ce texte, sans marques formelles perceptibles. Pour trouver ce principe organisateur, on peut poser la question « De quoi parle-t-on dans ce texte? » ou « De quoi s'agit-il ? » La réponse est assez facile à proposer : il s'agit de la description d'un petit appartement. «Un intérieur» peut être considéré comme le thème général de ce texte, appelé hyperthème, hyperthème qui ne se concrétise ici qu'à travers un certain nombre de thèmes (ce qui est imprimé en gras dans le texte), chacun représentant une partie de l’hyperthème. C'est pourquoi on parle de progression (ou construction) à thèmes dérivés.

Ce type de progression est caractéristique de la description, alors que les précédentes structurent plutôt la narration.

 

Ces trois types de progressions constituent des progressions-types. Mais dans la majorité des cas, la réalité est plus complexe. Nous allons en examiner un exemple.

 

 

£                  La progression complexe

 

Considérons le texte suivant :

 

Mon père a un couteau à la main et taille un morceau de sapin; les copeaux tombent jaunes et soyeux comme des brins de rubans; il mefait un chariotavec des languettes de bois frais. Les roues sont déjà taillées; ce sont des ronds de pomme de terre avec leur cercle de peau brune qui imite le fer... Le chariot  va être fini ; j'attends tout ému et les yeux grands ouverts, quand mon pèrepousse un cri et lève sa main pleine de sang. Ils'est enfoncé le couteau dans le doigt. Jedeviens tout pâle et jem'avance vers lui ; un coup violent m'arrête; c'est ma mère qui me l'a donné, l'écume aux lèvres, les poings crispés.

JULES VALLÈS, L'Enfant, 1.

On trouve dans ce texte:

 

- Deux thèmes constants, partiellement imbriqués:

 

mon père, il,

mon père, il ;

 

j'

Je, Je.

 

- Un hyperthème (le chariot) dérivé en thèmes : les copeaux, les roues, ce(sont) + le chariot présent lui-même comme thème, qui s'intercalent entre les thèmes précédents.

 

- Deux thèmes qui n'apparaissent qu'à la fin de cet extrait, en rupture avec ce qui précède : un coup violent, (c'est) ma mère.

 

Les deux thèmes constants concernent les deux protagonistes centraux de cette scène qui réalisent une série d'actions, alors que le thème éclaté du chariot est utilisé pour décrire l'objet en cours de réalisation. Il n'est pas indifférent que ces trois thèmes soient plus ou moins imbriqués, pour rendre compte d'une situation où il n'y a pas d'un côté le père qui fait, de l'autre l'enfant qui regarde, et d'un autre côté enfin l'objet centre de tout l'intérêt.

 

On peut imaginer aussi que la mère a assisté à une partie au moins de la scène (la dernière). Mais l'histoire est racontée du point de vue du personnage de l'enfant, qui, lui, ne l'avait pas vue. Il est donc normal de l'avoir exclue de la description de la scène, du réseau des thèmes et des sous-thèmes imbriqués: la mère ne fait pas partie des liens qui relient thématiquement le père et le fils autour du jouet. Cela permet en outre de provoquer un effet de surprise chez le lecteur, qu'il pourra rapprocher symboliquement de celui qu'a dû éprouver, avec une autre intensité, le personnage de l'enfant.

 

Il s'agit donc d'une progression thématique complexe, où chaque type de progression correspond à un type de contenu particulier à organiser, et où les constructions inter­thématiques correspondent à une organisation d'ensemble, conduite d'un point de vue spécifique (et qu'on peut doter de valeurs symboliques).

 

Non corrigé

Les progressions thématiques

 

 

VIVE la mer à l'école

 

Je partais à l'école comme tous les jours, je n'avais rien oublié et j'avais vérifié mon cartable. En déscendant les escaliers, je croisais un voisin qui me regarda d'un air bizarre, je me demandais pourquoi. Arriver dans la rue je sentis des picotements aux pieds je regardais ce que sa pouvait être. Mon dieu ! je vis que je n'avais pas de chaussures, je compris alors le regard étonnée du voisin. Je regardais ma montre mais impossible d'allait les chercher (j'allais être en retard.) Je continuer mon chemin en pensant à la honte que j'aurais à l’école. Comment éviter la directrice qui se trouvais tous les matins à l'entrée de l'école. J'imaginais les enfants rassemblés autour de moi en éclatant de rire. J'arrivais devant la porte de l'école quand soudain au lieu du picotement sous mes pieds je sentis la chaleur du sable doux. Je levais les yeux et je vis la directrice et les maîtresses en mayot de bain. J'étais fort bien étonnée. La directrice me dit "allons vient [caroline] on t'attent tous pour se baigner". J'avencais malgré mon étonnement et je vis les enfants entrain de se baigner. Je ne reconnaîsais plus rien, notre école était une plage : l'eau était transparente et fraiche, le sable couvert de chateaux, des enfants s'amusaient à jouaient aux ballons, d'autres nagaient ou faisaient des chateaux. Tout en observant les enfants jouaient j'avensais vers l'eau et y trempas mes pieds. Désolais mais je ne puis vous en raconter plus car je me révéllais à ce moment là dans mon lit les pieds entièrement débordaient.

F1N

        (CM2)

 

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