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Les pronoms

LES PRONOMS

 

Quelques éléments théoriques

 

 

u           QUELS SONT LES PRONOMS ?

 

·        Personnels :

- dits de conjugaisons : je, tu, il(s), elle(s), nous, vous

- compléments :me, moi, te, toi, lui, leur, nous, vous, (prép +) eux, (prép +) elle(s)

- réfléchis :me, te, se, nous, vous

- indéfini : on (équivalent de je, tu, il, nous, etc.)

 

·        Possessifs :

Le(s) mien(s), la(les) mienne(s), le(s) tien(s), etc. ; le(s) nôtre(s), le(s) vôtre(s), etc.

 

·        Démonstratifs

- simples : çà, ceci, cela

- composés : celui-ci, celle(s)-ci, celui-là, celle(s)-là, ceux-ci, ceux-là

 

·        Numéraux :

- simples (sujets) : un, deux, trois, etc.

Il avait envoyé trente CV. Deux ont reçu une réponse.

- composés (compléments) : en.. un, en … deux, etc.

         Elle avait reçu trente CV. Elle en a retenu deux.

 

·        Indéfinis :

Aucun, nul, tout, tous, quelqu’un, quelques uns, quelque chose, certains, la plupart, plusieurs, etc.

Remarque 1 : on peut être considéré comme pronom indéfini s’il peut commuter avec quelqu’un(On a sonné.)

Remarque 2 : nul, tous ne peuvent être compléments ; tout, quelqu’un, quelque chose sont compléments sans modification. ; aucun, certains, la plupart, plusieurssont compléments sous forme composée : en… certains, etc.

 

·        Interrogatifs :

qui, que, quoi

 

·        Relatifs :

- simples : qui, que, (prép. +) quoi, dont. est généralement considéré comme un adverbe relatif (ou comme un adverbe pronominal relatif)

- composés : le(s)quel(s), laquelle, lesquelles, auquel, duquel, etc.

 

 

 

u           QUELQUES POINTS PROBLÉMATIQUES

 

 

L’identification des pronoms peut parfois poser problème.

 

·        Le plus fréquemment rencontré est la confusion entre l’article défini et le pronom personnel complément d’objet direct, ces formes étant homonymes. C’est évidemment le contexte de droite qui permet la catégorisation (D + N ; PP + V conjugué). Le problème est plus délicat devant une forme infinitive, qui peut être verbale ou nominale :

 

Il voudrait le savoir : savoir : N ou V ? le : D ou PP ?

 

C’est le contexte qui permet de trancher :

 

Il voudrait le savoir, qui est source de pouvoir. à le = D

La grève va-t-elle durer ? Il voudrait le savoir avant de prendre son billet de train. à le = PP

 

·        Problème également pour en et y. Comparez :

 

a)    Il étudie la grammaire et les mathématiques, mais il en parle avec dégoût.

a’) Il est parti à 8h à l’IUFM et il en est revenu à midi.

 

b)    Elle ne regrette pas ce qu’elle a fait pendant son enfance, mais elle y pense souvent.

b’) Elle aime tellement l’école qu’elle voudrait y aller même le dimanche.

 

Dans le cas de a’) et b’), en et ypourraient être remplacés par des adverbes ou des locutions adverbiales de lieu :

 

Il est revenu de là (de là-bas) à midi.

Elle voudrait aller (là-bas) tous les dimanches.

 

Ce qui n’est pas possible pour a) et b), ou les équivalents seraient de ça, (= en) et à ça (y). Dans d’autres contextes, ce serait à  lui / à elle ;de lui / d’elle. C’est-à-dire que selon le contexte, en et y ont pour équivalent des segments adverbiaux ou pronominaux. Alors ? adverbes ou pronoms ? Les grammaires bottent en touche en en faisant des « adverbes pronominaux » ou « pronoms adverbiaux ». Personnellement nous préférons dire qu’il s’agit là d’un phénomène d’homonymie, et qu’il convient de distinguer en ety pronoms de en et y adverbes de lieu. Il est probablement plus prudent, si le cas se présentait le jour du concours, d’employer la terminologie traditionnelle.

 

·        Problème du pronom réfléchi. Dans les formes pronominales, il faut distinguer les verbes dits « essentiellement pronominaux » (plus simplement des verbes pronominaux) de ceux qui sont employés à la forme (à la voix) pronominale.  S’évanouir, s’enfuir,se repentir,  se souvenir,sont des verbes pronominaux (ils n’existent que sous cette forme). Se regarder, s’écrire, se parler sont des verbes employés à la forme pronominale (ils existent sous la forme non pronominale). Certains posent problème : se promener est considéré aujourd’hui comme pronominal, malgré promener (son chien). Se mourir, également, malgré mourir, etc. Pourquoi ces remarques ? Parce que lorsqu’il s’agit d’un verbe pronominal, il n’a pas de pronom réfléchi : se (me, te, etc.) fait partie du verbe et ne s’analyse pas : ce n’est pas un pronom, c’est une particule, une sorte de flexion. Il n’y a donc de pronom réfléchi que pour les verbes employés à la forme pronominale.

 

·        Problème des verbes dits impersonnels, ou unipersonnels : il pleut, il faut, etc. il est dans ce cas davantage une marque de personne 3 qu’un véritable pronom personnel, dans la mesure où il ne représente rien et ne peut être remplacé par rien d’autre. On peut dire qu’il s’agit d’une formede pronom, et non d’un véritable pronom.

 

 

·        Problème de la séquence N + que, du type

 

Le fait que ce soit difficile ne doit pas nous décourager.

 

On aurait tendance à voir là spontanément un pronom relatif ayant pour antécédent le fait. Il n’en est rien, car si l’on y regarde de plus près, on s’aperçoit que dans la subordonnée que ce soit difficile,que ne possède aucune autre fonction que d’introduire cette subordonnée, et ne saurait être remplacé par le fait. Dans ce cas, que est une conjonction de subordination. (Autres exemples : Il supportait mal l’idée que sa voisine réussissait mieux que lui. L’espoir qu’ils se reverraient calmait sa douleur.)

 

·        Cas des formules figées : chaînes d’extraction du type c’est… qui, c’est… que (que la grammaire appelle généralement gallicisme) ; présentatifs il y a, c’est (le moment de…). On a là encore des formes pronominales constitutives de segments non analysables (par exemple, dans il y a, il ne représente rien, pas plus que y. Quant au verbe avoir, on aurait du mal à lui attribuer un contenu sémantique).

 

Se pose aussi le problème de ce que certains appellent les relatives périphrastiques, introduites par ce que, ce qui, etc. dans lesquelles ce est neutre, désigne quelque chose d’inanimé sans avoir d’antécédent.

 

Exercice

Les pronoms

 

La compréhension du langage oral et celle du langage transcrit ont effectivement en commun de nécessiter les mêmes habiletés, ou du moins des habiletés de même nature, et il est nécessaire que dès le début de l'apprentissage l'enfant en prenne conscience. Parmi ces habiletés, la plus voyante est l'anticipation. Anticipation avant tout immédiate, contextuelle, mécanique et grosse consommatrice de clichés, qui permet à l'auditeur de participer activement au discours de l'autre, le prévoyant, le terminant si besoin est, n'en percevant pas toujours les irrégularités de prononciation, de lexique ou de syntaxe. De même, lors de la lecture, cette anticipation immédiate, automatique, souvent aveugle aux coquilles, permet de prévoir, de construire pas à pas le sens et, par conséquent de se sortir des pièges et des anomalies du code graphique. C'est grâce à cette anticipation que peut fonctionner le déchiffrement Comment autrement surmonter les ambiguïtés graphiques ? Comment distinguer entre graphèmes idéographiques et graphèmes phonographiques ? Ce n'est que lorsqu'un enfant de CP n'oralise plus […] la terminaison verbale de la troisième personne du pluriel que l'on peut dire qu'il sait lire. L'aspect langagier de la lecture explique cette prise de sens instantanée par le moyen d'une prise d'indices sémantiques, d'une reconnaissance sémantique des mots et d'une anticipation contextuelle. Cette forme d'anticipation toutefois, contrairement à ce qu'on pensait il y a quelques années, ne permet pas d'accéder à une véritable compréhension, surtout au début de l'apprentissage : les informations restent superficielles, ponctuelles, formelles. De la même façon qu'on peut savoir parler et ne pas comprendre un interlocuteur, on peut lire et ne pas comprendre un écrit.

 

Annick MAUFFRAY et Isdey COHEN, Lecture.

Éléments pour une pédagogie différenciée, 1995

 

 

Dans ce texte, relevez et classez les pronoms.

 

 

Corrigé

 

 

Le classement des pronoms contenus dans ce texte s’effectuera d’abord sur la base de leur nature (personnel, démonstratif, etc.), et ensuite de leur fonction. Le classement en genre et en nombre présentait peu d’intérêt dans le cas présent (tous les pronoms sont au singulier ; la grande majorité, au masculin). Nous indiquerons dans chaque cas l’antécédent du pronom.

 

Nous considérons à part les formes pronominales, qui apparaissent dans des formules verbales impersonnelles :il (est nécessaire), dans des formules figées, telles que les présentatifs : il y a (quelques années) ou les chaînes d’extraction : ces t( grâce à… ) que peut fonctionner), ce (n’) est (que lorsque…)  que ( l’on peut dire), dans la mesure où il n’ont pas une véritable valeur pronominale de substitut anaphorique ou de déictique. Nous ne retiendrons pas ces formes dans notre analyse.

On pourrait également ranger ici le pronom indéfini tout qui est un constituant de la locution adverbiale avant tout.

 

 

Classement des pronoms

 

·        Pronoms Personnels

Sujet : il (sait lire) ; antécédent : un enfant du CP

COD : le (prévoyant) ; le (finissant) ; dans le deux cas, antécédent : le discours de l’autre 

COI : en (prenne conscience) : antécédent : la séquence la compréhension … de même nature

 

·        Pronom personnel réfléchi 

COD : se (sortir) : antécédent : on non exprimé, implicite.

 

·        Pronoms démonstratifs

Sujet : celle (du langage transcrit ont…) ; antécédent : la compréhension

Complément de l’adverbe « contrairement » : ce (qu’on pensait) ; Autre analyse : ce que (cf. infra), C.O.D.

 

·        Pronoms relatifs

Sujet : qui (permet) ; antécédent : Anticipation avant tout, etc.

COD : (ce) qu’ (on pensait) ; antécédent : le pronom neutre ce. Autre analyse : ce que pronom relatif périphrastique, sans antécédent.

 

·        Pronoms indéfinis

Sujet : on (peut dire) ; on (pensait) ;on(peut savoir parler) ; on (peut lire)

Complément de nom : (discours de) l’autre ;l’autre désigne ici le locuteur, par opposition à l’auditeur.

(avant) tout : a été évoqué en introduction ;

 

        

Ce texte présente un grande variété de pronoms (seuls manquent les possessifs et les numéraux). Ils ont, à un ou deux cas près, la fonction sujet ou complément d’objet du verbe, ce qui constitue les fonctions fondamentales des pronoms.

 

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