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Les facteurs de diversité de l'espace français

LES FACTEURS DE DIVERSITE DE L'ESPACE FRANCAIS


Le relief et le climat

 

La France est le plus vaste des États d'Europe après la Russie. Elle possède 2 500 km de frontières terrestres et 6 500 Km de côtes. Cet hexagone massif situé à l'une des extrémités occidentales de l'Europe est à la fois un "Finisterre" et un isthme européen. La France a accueilli de grande migrations humaines. Ainsi, la France a été et demeure un espace de contrastes entre différentes civilisations (influences germaniques, atlantique).

 

La France du Nord et de l'Ouest appartient au domaine hercynien de l'Europe (le domaine des socles et des bassins sédimentaires), tandis que la France de l'Est et du Sud appartient à l'Europe alpine (celle des montagnes jeunes et des bassins d'effondrement). Ces grands ensembles sont parcourus de grandes vallées fluviales, lieux privilégiés de l'implantation des hommes dans l'espace français.

 

La France est à égale distance du pôle Nord et de l'équateur. Inscrite dans la zone climatique tempérée, elle subit les influences océaniques, continentales et méditerranéennes. Toutefois, la plus grande partie du territoire français appartient au domaine océanique, en raison de l'absence d'obstacles orographiques. Cette influence s'estompe vers l'Est qui voit poindre des nuances continentales. Les régions du Sud appartiennent au domaine méditerranéen. Les reliefs introduisent des nuances montagnardes.

 

La France est dans l'ensemble un bas pays. Les reliefs les plus importants se situent à l'est d'une diagonale Sud-ouest/Nord-Est. Ils sont tempérés par la présence de plaines, de couloirs d'effondrement et de seuils qui constituent des axes de communication majeurs pour le territoire français. Parmi les fossé d'effondrement, le couloir rhodanien est l'axe majeur de circulation de l'espace français entre le Massif central et les Alpes. Remarquablement équipé, il relie Paris aux pays de l'est de la France, et ceux du nord de l'hexagone à la Méditerranée.

La France est le seul pays européen présentant des littoraux aussi nombreux et diversifiés.

 

Le relief de la France s'organise autour d'une ligne en forme de S, qui délimite deux domaines dont l'évolution morphologique a été très différente. Au nord et à l'ouest, c'est la France des plaines et des plateaux. C'est la France des communications faciles. Au sud et à l'est, c'est la France des forts contrastes topographiques (montagnes jeunes et fossés d'effondrement).


Le peuplement de l'espace français

 

La densité de population de la France apparaît plutôt faible en Europe de l'Ouest. Avec 106 hab./km² en 1996, la France est dépassée par la plupart de ses voisins. La spécificité du cas français est renforcé par la très forte concentration de sa population. 3/4 des Français se rassemblent sur 20 % du territoire, essentiellement dans les villes de plus de 100 000 habitants et leur périphérie, alors que les espaces de faibles densités, espaces ruraux et agricoles, forment les 4/5 du territoire métropolitain. Les densités rurales en France sont parmi les plus faibles d'Europe.

 

L'exode rural et l'urbanisation, favorisés par la révolution industrielle, sont à l'origine du mouvement de concentration. Dans la seconde moitié du XXème siècle, le mouvement se renforce par la métropolisation, qui renforce le poids des villes importantes.

Aujourd'hui, la moitié des citadins vit dans des villes de plus de 200 000 habitants, et 96 % des Français sont installés en zone urbaine ou périurbaine.

 

La disproportion entre Paris et la province atteint aujourd'hui une ampleur unique en Europe. L'île-de-France regroupe près de 19 % de la population nationale sur 2,2 % du territoire. Les facteurs du poids particulier de la région parisienne sont à la fois historiques et économiques.

 

À l'échelle nationale, le peuplement s'organise en trois zones séparées par deux axes majeurs. La zone centrale représente la diagonale du vide. Les deux zones périphériques sont plus densément peuplées. L'Ouest du pays, resté rural, présente un peuplement étalé et relativement homogène alors que, dans la France de l'Est et du Sud, plus urbaine, la population se concentre dans les vallées (celles des grands fleuves constituent des couloirs de peuplement) et autour des agglomérations. De plus, les densités sont supérieures en périphérie, notamment sur les littoraux.


Les paysages urbains

 

La population urbaine désigne l'ensemble de la population résidant dans une commune urbaine (plus de 2000 habitants). Cependant, avec le développement de la périurbanisation, il n'existe plus de rupture claire entre "ville" et "campagne". Actuellement, l'espace à dominante urbaine occupe 40 % du territoire.

 

Très denses, les villes-centres comportent des monuments, les activités de direction des CBD, les commerces de luxe, etc. Les banlieues sont le résultat de l'urbanisation du XIXème siècle. Elles ont une fonction de production et une fonction résidentielle. Puis, à la fin des 1960, par manque de place à la suite de la croissance démographique, des espaces périurbanisés se sont développés, en milieu rural, à proximité des agglomérations.

 

Il existe trois types de réseaux urbains :

-les réseaux solidement organisés autour d'une métropole régionale relayée par des sous-pôles régionaux (réseau lyonnais)

-les réseaux organisés autour de deux métropoles équilibrées (réseau du Sud-Ouest)

-les réseaux éclatés (réseaux du Massif central).

 

Dans les années 1960, des "villes nouvelles" ont été créées par l'Etat pour organiser la croissance urbaine autour des grandes agglomérations.


Les paysages ruraux à travers quelques problèmes actuels

 

            Des espaces spécifiques ?

 

Aujourd'hui, sur plus de 36 000 communes que comporte la France, plus de 31 000 sont classées comme rurales.

Ce qui caractérise l'espace rural, c'est la faible concentration de l'habitat, essentiellement individuel, la faible densité du bâti, et donc, globalement, les faibles densités de peuplement.

 

À l'échelle des départements français, les densités rurales sont très diverses. Les densités les plus faibles se trouvent dans les départements de la «France du vide», allant des Pyrénées aux Ardennes, plus les Landes et la Corse.

 

La France rurale est la France des campagnes : le paysage est «naturel», c'est-à-dire caractérisé par l'importance de la couverture végétale et la faible présence du bâti.

Néanmoins, la France rurale n'est pas la France agricole : l'espace rural est redevenu plurifonctionnel et les activités non agricoles créent sans cesse de nouveaux paysages ruraux.

 

Un paysage mité est un paysage dont on ne peut pas déterminer au premier abord s'il appartient encore à la campagne ou déjà à la ville. Les constructions, de type pavillonnaire, sont éparpillées et laissent subsister des zones en herbe ou en bosquets.


            Un dynamisme retrouvé ?

 

Après un déclin démographique plus que séculaire, la population rurale française s'est stabilisée à la fin des années 1960, puis s'est accrue depuis les années 1970.

Les espaces ruraux qui connaissent une renaissance démographique sont de plus en plus nombreux. Cette renaissance concerne les espaces qui accueillent de nouvelles activités économiques, notamment touristiques et industrielles. Mais la croissance démographique concerne surtout les espaces ruraux situés à proximité des villes. On parle d' «exode urbain».

Cette reprise démographique s'accompagne d'un changement dans la composition de la société rurale, qui n'est plus une société agraire.

On appelle «rurbains» les ruraux qui travaillent en ville et résident à la campagne, et sont donc contraints à des déplacements pendulaires quotidiens.

 

La diversification des fonctions est le trait marquant de l'évolution de l'espace rural depuis les années 1970. Tout d'abord, l'espace rural est devenu un espace résidentiel, surtout à proximité des centres urbains. De plus, la création d'activités non agricoles dans le monde rural n'est pas négligeable (emplois industriels et, surtout, tertiaires).

 

            Des espaces désormais divers

 

C'est au voisinage des villes que, depuis les années 1970, les mutations sont les plus importantes. Longtemps caractéristique des grandes agglomérations, la périurbanisation s'est généralisée à une bonne partie des villes, y compris les moyennes et les petites.

 

La construction des voies de communication, l'édification de bâtiments destinés à des usages non agricoles bouleversent également le paysage rural. Cette avancée de l'urbain rétrécit l'espace voué à l'agriculture et les exploitations doivent s'éloigner ou se transformer.

 

Les espaces ruraux ont aussi leurs propres dynamiques. On peut les classer selon l'importance de leurs activités :

-les espaces ruraux dans lesquels l'agriculture est prospère.

-les espaces ruraux où l'industrie diffuse en milieu rural se maintient.

-les espaces ruraux où l'intégration économique repose sur le développement de la pluriactivité afin de palier les difficultés de l'agriculture (tourisme «vert» par exemple).

-le «rural profond», caractérisé par des données démographiques négatives, une agriculture non compétitive, des niveaux de vie plus faibles, et un certain isolement géographique.


Les paysages industriels et tertiaires à travers quelques problèmes actuels

 

            Les espaces industriels

 

                        Les localisations industrielles dans l'espace français

 

C'est au XIXème siècle que naissent les paysages industriels. Ces espaces industriels sont souvent imbriqués dans l'habitat urbain, ou le prolongent par les cités ouvrières. Pendant les Trente Glorieuses, les nouvelles zones industrielles sont séparées des villes. La production de masse nécessite de vastes espaces. L'arrivée de l'informatique, de l'électronique, des biotechnologies donne des paysages industriels beaucoup plus discrets. Le développement du secteur tertiaire a conduit à la disparition des paysages hérités du XIXème siècle.

 

Les sites industriels ont souvent été choisis en fonction des conditions de transport qu'ils autorisent (installation près des gisements, des ports d'importation, le long des cours d'eau navigables ou des voies de chemin de fer). Aujourd'hui, les grands axes de communication, les carrefours majeurs et les plates-formes multimodales sont les espaces industriels les plus recherchés.

 

La décentralisation industrielle a permis le renouveau industriel des villes moyennes et des espaces ruraux de l'Ouest français.

Les industries de pointe recherchent également un environnement créatif et un cadre de vie de qualité. Les régions méridionales sont ainsi devenues de nouveaux espaces industriels.

Quant au rôle moteur de l'Europe, il semble profiter surtout à l'Est du pays, aux grandes villes et aux couloirs industriels.

À l'échelle locale, l'évolution se traduit surtout par un desserrement de l'industrie, qui quitte les espaces très urbanisés pour s'installer dans leur périphérie.

 

Malgré ces évolutions, l'opposition traditionnelle entre la France de l'Est et du Nord (au dense tissu industriel) et la France de l'Ouest et du Sud (où les implantations industrielles sont ponctuelles, autour des grandes agglomérations) reste valable.

 

                        L'industrie dans les régions françaises

 

L'Ile-de-France est la première région industrielle du pays (luxe, aérospatiale, chimie, industries de pointe, etc).

La région Rhône-Alpes se situe au deuxième rang (chimie, ressources énergétiques, métallurgie, biens d'équipement, industries de pointe).

La France de l'Est compte d'autres grandes régions industrielles (Alsace, Lorraine, Pas-de-Calais).

Les régions du Sud français bénéficient d'une image favorable et d'un dynamisme récent. L'Ouest présente également des espaces industriels en crise.

 

                        Puissance et faiblesse de l'industrie française

 

L'industrie a un rôle majeur dans l'économie française. Les produits industriels constituent plus de 40 % de la valeur de la production nationale et 90 % des exportations. Si l'industrie ne crée plus d'emplois, elle produit cependant des richesses.

La France reste une grande puissance industrielle, à la quatrième place mondiale derrière les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne. L'industrie française présente une gamme de production très complète (technologie, aéronautique, nucléaire, automobile, luxe, armement, pharmacie, travaux publics).

 

Cependant, l'industrie française présente un certain nombre de handicaps. La baisse du poids de l'industrie dans l'économie nationale, de plus en plus tertiarisée, est le signe le plus marquant.

 

Une friche industrielle est un espace abandonné par des établissements miniers ou industriels. Beaucoup de villes cherchent à utiliser, ou à reconvertir, leurs friches.


            Les espaces tertiaires

 

                        Des activités tertiaires multiples et foisonnantes

 

Le secteur tertiaire est défini comme l'ensemble des activités humaines non productrices de biens matériels. Il regroupe :

-le commerce

-les transports

-les services marchands vendus aux particuliers et aux entreprises (hôtellerie, banque)

-les services non marchands (services publics)

 

En France, le secteur tertiaire rassemble 65 % des emplois. Il assure les 2/3 du PIB et participe pour plus du tiers aux exportations françaises, plaçant la France au second rang mondial des exportateurs de services.

 

Le tertiaire est le seul secteur économique qui connaisse, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, une croissance continue. De plus, il s'est fortement féminisé.

 

                        Les espaces tertiaires

 

La ville concentre les activités tertiaires, et le niveau des services proposés par les villes sont à l'origine de la hiérarchie urbaine française. De plus, la concentration des services est généralement plus importante lorsque les densités sont très fortes et ils tendent à disparaître complètement lorsque les densités sont très faibles.

 

Les villes, lieux par exellence des activités de services, concentrent les services de proximité et d'éxécution, mais seules les plus grandes ont les services rares et supérieurs. Paris constitue le pôle essentiel, viennent ensuite les régions méditérranéennes et, en général, toutes les métropoles du Sud.

 

Les centres des grandes villes constituent des espaces à forte concentration de services de toute nature, notamment de niveau supérieur marchand ou public. En périphérie urbaine, les services sont plus diffus le long des axes de communication. Ils sont de niveau très variable, et initiés essentiellement par les entreprises. Dans le monde rural coexistent des services très diffus (services banals et services propres à l'agriculture).


Tourisme et loisirs à travers l'évolution récente des paysages

 

La France est le premier pôle touristique du monde.

 

Bien situé en Europe, premier bassin récepteur de touristes du monde, le territoire français est traversé de flux de vacanciers européens.

D'abord élitiste, le tourisme a évolué vers les loisirs de masse. Sa véritable expansion s'est faite avec le développement des transports, la hausse du niveau de vie, et l'augmentation du temps libre.

 

Ce sont les paysages urbains et les monuments qui mettent au premier rang l'Ile-de-France. Elle représente près d'un tiers des nuitées nationales. Cependant, les côtes sont également très attractives. Viennent ensuite les paysages montagnards, et ceux de la campagne.

 

Les littoraux du Sud de la France sont des espaces à tourisme dense, linéiare, plus ou moins discontinu. Les espaces montagnards sont des espaces à tourisme dense mais ponctuel. En revanche, les espaces du «tourisme vert» sont des espaces à tourisme diffus et très ponctuel.

 

En 1975, le Conservatoire du littoral a été créé dans le but de sauvegarder le milieu naturel en interdisant d'y construire des équipements ou des habitations. Il a acquis une partie des côtes corses et bretonnes.

 

Si le tourisme élitiste du XIXème siècle a contribué à valoriser les paysages et à en créer, l'intensification du phénomène a souvent poussé au bétonnage côtier ou montagnard. Pourtant, la demande touristique est aussi à l'origine de la préservation de sites de renom.


Les DOM-TOM

 

Les DOM sont : La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane.

Les TOM sont : St-Pierre et Miquelon, la Polynésie Française, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna.

Les TAAF sont : Nouvelle-Amsterdam, Crozet, Kerguelen, Terre-Adélie.

 

            Leur origine

 

Les DOM-TOM sont tous issus de la colonisation (Antilles, Guyane, réunion au XVIIème siècle, Nouvelle-Calédonie au XIXème siècle). Les raisons qui poussent à s'installer dans ces terres lointaines sont économiques et politiques. Ces «confettis de l'Empire» donnent aussi à la France d'immenses eaux territoriales (ZEE : Zone économique exclusive). Le rôle stratégique de ces escales lointaines a toujours été important, jusqu'aux derniers essais nucléaires français en Polynésie.

 

            Des espaces périphériques

 

S'étendant sur près de 11 millions de km², répartis sur cinq océans et deux continents, la France d'outre-mer est formée de petites entités territoriales. Elle est insulaire, à l'exception de la Guyane et de la Terre Adélie.

 

Les départements d'outre-mer ont été créés en 1946 et sont devenus des régions aux pouvoirs locaux élargis en 1982. Lois et règlements français s'y appliquent. Des différences en matières salariales et sociales y existent.

Les territoires d'outre-mer sont dirigés par une assemblées territoriale, et sont dotés d'une large autonomie de gestion. Cependant, la France conserve les fonctions de souveraineté.

Les collectivités territoriales sont au nombre de deux : St-Pierre et Miquelon, qui est administré directement par Paris, et Mayotte, qui est plus autonome.

 

Hormis les Terres australes et St Pierre et Miquelon, il s'agit en outre de terres tropicales. Cette situation géographique explique leur importance historique comme fournisseurs de produits tropicaux à la métropole.

 

Cette appartenance à la zone tropicale ainsi que la présence de volcans expliquent les menaces naturelles qui frappent leur territoire.

 

L'histoire est aussi un facteur de différenciation culturelle : les sociétés d'outre-mer sont pluriethniques.

 

            Des ressources

 

L'activité industrielle est faible. Les activités agricoles traditionnelles sont en baisse malgré d'importantes subventions. Le secteur tertiaire est dominant. Mais seule l'activité touristique crée des revenus conséquents dont une grande partie retourne à la métropole.

 

L'agriculture tropicale fournit des légumes, des fruits, de la vanille pour la métropole et l'exportation. Le tourisme est devenu plus récemment une ressource importante.

Les ressources agricoles sont concurrencées par celles des producteurs d'autres pays tropicaux d'Afrique ou d'Amérique.

Le tourisme a été soutenu par une fiscalité incitative mais il est concurrencé par celui des pays vosisins.

La Guyane est un cas particulier : l'essentiel de ses ressources vient de la base de lancement d'Ariane, à Kourou.

 

La population des DOM-TOM est une population jeune et le solde naturel se maintient à un niveau élevé. Cette jeunesse nombreuse, dans un contexte social, économique et culturel proche de celui des pays du Sud, entraîne des taux de chômage élevés. De là découle un mouvement migratoire important des jeunes vers la métropole.

 

Bien qu'économiquement en difficuté, les DOM-TOM ont un niveau de vie plus élevé que celui des pays vosisins. Ce niveau de vie élevé est un obstacle à leur intégration dans des groupements économiques régionaux.

 

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